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Cpauvrete-achat_2162407‘est que nous annonce Isabelle Hennebelle, rédactrice en chef du hors série de l’Express publié en septembre, dans son édito:

 

 

« De l’espoir et de l’action » le fil rouge et la cohérence de la mutation fondamentale de l’économie en cours.

Dans un monde qui bouge de plus en plus vite, les entreprises doivent en effet se réinventer au risque de se faire dépasser voire de disparaître. S’inspirer et prendre soin de son écosystème est donc devenu une obligation ; ceux qui ne baseront leur stratégie que sur la seule génération de profits risquent de le payer cher !

Cependant énoncer ce constat suffit rarement à contrebalancer le poids des habitudes et les résistances aux changements.

  • Vague numérique, raréfaction des ressources, compétition mondiale, nouveaux modes de consommation

tous les secteurs d’activité sont bouleversés. Ceux qui incorporeront ces tendances de fond dès à présent gagneront en agilité pour s’adapter aux évolutions en cours en développant une acuité accrue aux sources de renouveau de leur métier. Pour cela, l’ouverture sur l’écosystème est cruciale. La co-construction avec de nouveaux acteurs est essentielle.

Quels sont les changements en cours ? Quelles sont les nouvelles réponses proposées ? Dirigeants, salariés, entrepreneurs : Quelques citations tirées de ce numéro spécial…

Plus qu’une responsabilité sociale, un changement de modèle

Je pense que les entreprises ont la responsabilité de trouver des solutions. Elles doivent être moteur dans le sociétal comme elles le sont dans l’économique. Jochen Zeitz, ancien PDG de Puma

L’innovation au bénéfice de tous

Même si elles restent encore rentables pour quelque temps, les stratégies fondées sur l’économie de la rente, sur des ressources naturelles illimitées et sur la compétition pour le seul profit, sont obsolètes. Maximilien Rouer du cabinet BeCitizen

Se préoccuper de son écosystème, repenser les business modèles, s’ouvrir à une part d’inconnu sur les modes de production et de consommation : les mutations en cours requièrent du courage, de l’audace et un changement de regard sur les pratiques habituelles des affaires.

Les entreprises qui anticipent les tendances et savent se réinventer ont plus de chance de rester compétitives que celle qui continuent à faire du business ‘as usual’ ; et l’innovation sociale peut constituer un puissant levier pour les aider à penser en dehors du cadre. Bénédicte Faivre-Tavignot, directrice de la Chaire Entreprise & Pauvreté Social Business à HEC

L’intrapreneuriat social : quand le changement vient de l’intérieur !

Dernière illustration de ce riche Hors Série : les différents portraits de cette nouvelle race d’entrepreneurs du changement qui font bouger les lignes au sein de leur organisation en inventant de nouvelles façons de créer de la richesse à partir d’une mission au départ conventionnelle dans l’entreprise : les intrapreneurs sociaux.

L’intrapreneur a besoin d’un équilibre économique permettant de couvrir ses coûts, car son activité est insérée dans le processus business de l’entreprise….Un mouvement de fond est à l’œuvre, les cadres ont besoin de sens au travail et les 25-30 ans rêvent de travailler dans des entreprises engagées. Emmanuel de Lutzel, vice-président social business de BNP Paribas

La conclusion revient à Isabelle Hennebelle qui synthétise dans son édito du 10 octobre « Réinventer l’entreprise » les enjeux de création de valeur en entreprise depuis la perspective de l’innovation sociale :

Dans la France en crise, des pionniers se relèvent les manches pour bâtir les fondations d’un monde plus inclusif et collaboratif, conciliant performance économique et impact sociétal. Situés non pas en marge, mais au cœur du système, nombre de ces visionnaires sont dirigeants, salariés, entrepreneurs sociaux et jeunes diplômés. Ils ont intégré ce que d’autres continuent de nier: face à l’ampleur des défis (risques environnementaux, essor de la compétition avec les pays émergents, omniprésence des nouvelles technologies, raréfaction des ressources naturelles…), l’entreprise n’a plus d’autre choix que de se réinventer. 

Retrouver l’intégralité de l’article

Nicolas Cordier

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Plus personne aujourd’hui ne peut résumer l’ESS à une économie du pansement, à en pointer les limites et insuffisances.

Jean Paul Delevoye

Je souhaite vous faire partager cet article de Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental, présent à cette Semaine de l’entrepreneuriat social.

Le voile des illusions se déchire chaque jour un peu plus. La chute du mur de Berlin annonçait le triomphe de l’économie libérale seule capable d’assurer plein emploi, richesse individuelle et collective, progrès social, libertés politiques et bonheur. Cette période semble révolue et l’on en vient à se demander si le capitalisme n’a pas perdu avec le communisme son meilleur ennemi.

  • Inégalités. Le décrochage entre performance économique et performance sociale s’accroît. Le monde n’a jamais été aussi riche mais les inégalités augmentent et les poches de précarité partout subsistent et parfois s’étendent. Les capacités de production et de consommation n’ont jamais été aussi développées mais le monde compte plus de 200 millions de chômeurs, la France plus de 3 millions.

Les individus sont libres dans leurs choix et leurs appartenances mais leurs perspectives d’avenir sont marquées par la peur du déclassement et la morosité. Il nous faut faire le deuil de ces mythes anciens et dans cette société nouvelle, revoir notre rapport à l’activité, aux biens non matériels, à la pauvreté.

 

  • Vitalité. L’économie sociale et solidaire est à la croisée de cette nouvelle réflexion et du renouvellement des modes de gouvernance dans les entreprises en lien avec cette forte demande de participation. L’avis rendu par le CESE en janvier 2013 sur saisine du Ministre Hamon, rappelant sa part de 7 à 10% du PIB, a très clairement affirmé que l’ESS représentait aujourd’hui une économie à part entière et qu’elle a souvent défriché des besoins émergents, devenus depuis de véritables marchés. Plus personne aujourd’hui ne peut résumer l’ESS à une économie du pansement, c’est-à-dire à en pointer les limites et insuffisances.

A leur tour, de nouvelles économies font montre d’une grande vitalité : l’économie de l’immatériel et du numérique et ses 750 000 emplois créés en France sur les quinze dernières années ; l’économie du troc, collaborative, de fonctionnalité et les 17 millions de visiteurs par mois du «bon coin», les 600 000 covoyageurs mensuels de blablacar ; ou encore, l’économie circulaire et sa promesse de 700 milliards de dollars d’économie annuelle sur la production des biens de consommation.

  • Métamorphose. Cette fertilité naît souvent au plus près des territoires et de la capacité à créer sur ces environnements locaux de véritables communautés d’intérêts avec un désir de vivre et de faire ensemble. Il nous faut donner à voir cette richesse de l’initiative et de l’innovation car, comme le disent si bien les Indiens Kogis : «on entend souvent le bruit des arbres qui tombent, jamais celui des arbres qui poussent».

Nous avons en effet longtemps pensé notre futur comme la simple et cartésienne projection de notre présent. Si vous partagez l’idée que nous ne vivons pas une crise mais une métamorphose de société, alors le futur devient la contestation du présent.

Cela pose deux questions majeures :

1- Quels accompagnements mettre en place et quelle implication des acteurs de régulation et de conduite du changement pour que la douleur de la perte d’un monde ancien n’occulte pas les perspectives d’avenir d’un monde nouveau qui s’ouvre et peut être un formidable révélateur d’espérances ?

2-Nous qui sommes en responsabilité, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour accepter d’ouvrir des débats et des questionnements qui viendront remettre en cause les structures qui assoient notre confort, notre statut, notre rémunération, notre pouvoir ?

L’ESS nous interroge sur nos modèles économiques, sur nos modes de gouvernance, sur nos normes mais le questionnement fondamental qu’elle amène reste le suivant :

  • Notre système économique et social actuel est-il facteur de bien être et d’espérance pour nos concitoyens ?
  • Que faire pour qu’il le reste ou le devienne davantage dans une société en pleine mutation et en pleine incertitude sur son avenir ?

Retrouvez l’intégralité de l’article

libération