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Archive for the ‘Témoignages’ Category

Saphie-Ly-1Quel traitement doit être fait de la RSE dans les médias ? Sophie Ly Sow, Directrice du Cabinet NEXUS Groupe diagnostique pour REUSSIR cette question très complexe.

Mais elle reconnait d’emblée que parler de choses nouvelles comme la RSE n’est jamais une évidence.

 

 

Est-il difficile de communiquer sur la RSE au Sénégal à travers les médias ?

Parler de choses nouvelles comme la RSE n’est jamais une évidence. Et les faire accepter est une gageure au Sénégal car nous sommes une société conservatrice malgré les apparences.

Les médias traitent les sujets, mais les angles sont répétitifs. Il faut remettre en question les lectures de l’environnement qui nous abrite. Je vois bien que la presse a soif de nouvelles qui soient de nature économique et de portée sociale à la fois.

Chaque jour les médias relaient des faits divers qui documentent la vulnérabilité de communautés face à des activités industrielles mal encadrées ou peu respectueuses des lois existantes.

Par exemple, aujourd’hui, les communautés ont acquis le droit, inscrit dans nos juridictions nationales et au niveau CEDEAO, d’exiger des études d’impact environnemental avant que ne démarrent des usines. Or, trop peu d’assemblées de communautés sont couvertes par les journalistes et c’est dommage.

Ou a contrario, trop peu de bonnes pratiques font l’objet de reportages. Une approche systémique dans le traitement journalistique des négociations entre décideurs publics, intérêts privés et souci de préservation des cadres de vie contribueraient à forger une compréhension scientifique et politiquement équilibrée des choses.

D’où le défi pour les médias : comment problématiser au-delà des articles ponctuels et des faits divers ?

Le sujet de fond est le contexte économique libéral, parfois qualifié de « sauvage ». C’est aussi l’insuffisance de cadres structurés de protection des citoyens et de l’environnement. D’autant que l’accès à l’information n’est pas acquis. Vous avez raison, il faut distinguer information et communication. Aujourd’hui il est plutôt facile de communiquer. Informer est une autre histoire.

 

« Il y a pire qu’un esprit pervers, c’est un esprit habitué » disait le poète français Charles Péguy.

Il faut changer les habitudes au sein de la profession journalistique. Les schémas de pensée doivent se renouveler et se libérer du confort de ce que nous croyons et répétons machinalement, perpétrant ainsi les effets néfastes sans même en prendre la mesure.

 Si le besoin de faire connaitre ses actes vient toujours des entreprises, les journalistes sont-ils à même de distinguer l’aspect RSE et celui de la communication institutionnelle de la première citée ?

Bien sûr !  Nul n’a le monopole de l’initiative d’informer. Et reconnaissons le mérite aux entreprises qui communiquent. Il appartient aux journalistes de prendre leurs responsabilités et poser les questions d’intérêt publique.

Il faut plus d’information, sous divers angles. Je suis optimiste car ça bouge et donc la presse s’y intéressera. Des dizaines d’entreprises fleurons de notre économie sont engagées en RSE. Au niveau de l’Etat, le CESE s’est ouvert à cet enjeu et l’on observe des conseillers qui font activement leur propre éducation sur le sujet.

Récemment, la Présidence de la République a présenté son rapport sur l’ITIE. C’est une avancée réelle et une pratique positive d’information. C’est le fruit d’un travail de longue haleine de la société civile internationale, d’une démarche scientifique sur les plans environnemental et juridique et d’une solide capacité d’anticipation.

Il y a un an, NEXUS Groupe et l’Initiative RSE, avec l’appui d’OSIWA et de l’Ambassade des Pays Bas conviaient deux groupes de professionnels de l’information à deux exercices distincts et complémentaires :

  1. Les managers de médias à la réflexion sur l’impact de la RSE dans l’équilibre interne entre indépendance éditoriale et relation aux annonceurs publicitaires
  2. Une cohorte de journalistes de la CJRS en formation pour la capacité de collecte scientifique et de traitement politique des sujets liés à la RSE.

La RSE mobilise diverses parties. La matière à informer existe, par l’action de la société civile et les efforts du secteur privé. Reste le rôle des journalistes.  A chacun son travail.

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photos Sylvain-RenardAprès plus de 15 ans à battre le pavé de la Responsabilité Sociétale pour que celle ci se propage dans les organisations, je suis parfois surpris de constater qu’il reste encore un important travail de sensibilisation à faire.

Alors quand je rencontre des acteurs « improbables » de la RSE avec de vraies convictions qui veulent faire avancer le sujet, je me livre avec enthousiasme à cet exercice de pédagogie sur ce que concrètement un comportement éthique et responsable peut apporter de bénéfique à l’entreprise.

Je n’ai donc pas hésité à accepter l’interview proposée par Sylvain Renard, Photographe professionnel  corporate, portrait , industriel , événement, qui souhaitait marquer son engagement et apporter une contribution à sa manière à la COP21.

Je vous propose cet extrait :

SR : Quel est l’enjeu de la COP 21 pour les entreprises ?

MU : Le changement climatique est un des enjeux clés de notre développement durable, comme l’eau, la biodiversité, les ressources primaires, les énergies renouvelables. Ces enjeux sont le quotidien des territoires où les entreprises, qui y sont implantées, par leurs pratiques RSE contribuent à leur réalisation et confirment ainsi leur statut d’organisations citoyennes.

Ce n’est pas parce que le changement climatique est planétaire que c’est l’affaire des autres. Si c’est celui des états, cela devient celui des territoires et donc de chaque citoyen, a fortiori celui des entreprises .

Quand les états prennent des engagements entre eux, indirectement les entreprises seront sollicitées volontairement ou auront des obligations pour atteindre ces objectifs.

Plus les entreprises sont transnationales plus elles doivent suivre de près ces discussions.

Savez-vous que le premier secteur d’activité le plus polluant est … La Banque !

Oui, la banque, car cette activité finance des entreprises qui ont un impact sur l’effet de serre, c’est un effet domino.

Notre économie est trop « carbonée », tous les experts du climat en conviennent, nous sommes, les entreprises sont, trop dépendants du carbone.

SR : Mais alors, que peuvent faire les entreprises pour réduire cette dépendance au carbone ?

MU : Elles ont à disposition une boîte à outils pour agir en faveur du changement climatique : ce sont des pratiques RSE

Pour une entreprise il y a 3 lignes directrices :

  • Atténuer le changement climatique en revoyant son process (covoiturage, système moins gourmand pour produire, isolation des bâtiments….)
  • Compenser : je ne peux pas changer mon modèle économique, je compense mes émissions par la reforestation…
  • S’adapter : j’adapte mon activité au changement du climat. S’il n’y a plus de neige en montagne par exemple, j’anticipe en développant de nouvelles activités.

Le changement climatique avec l’envie d’être un acteur engagé de son territoire et d’agir pour le bien commun, est une formidable opportunité d’intégrer une politique RSE à ses activités.

La question que devrait se poser tout dirigeant éthique et responsable est :

Mon  activité peut-elle rester pérenne et résister à une augmentation de température de quelques °C ? Quels impacts auront la diminution des ressources (énergies, eau, matières premières..) et l’envolée de certains prix,  sur mes fournisseurs, distributeurs et clients ?

Il y a actuellement une prise de conscience mondialisée des décideurs économiques et politiques. Plus l’engagement des états se resserre plus la pression va descendre.

Le non-respect des pratiques RSE impliquera moins de subvention, moins de crédit pour les entreprises. Ce ne sont pas uniquement les états, mais aussi les banques, les assureurs (certains comme Generali l’applique déjà auprès de leurs clients) qui pousseront les entreprises à respecter une démarche RSE.

Il est donc préférable de commencer à mettre en place une démarche RSE dès maintenant, tranquillement, plutôt que d’avoir à subir une obligation réglementaire ensuite, car plus le temps passe, plus la marche sera haute à franchir  et l’écart important face aux concurrents.

Merci à Sylvain pour m’avoir permis de témoigner et retrouvez l’intégralité de l’interview ICI

 

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