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Michael MollerMichael Moller, le directeur général de l’Office des Nations unies à Genève, est l’un des invités du Wold Economic Forum. Il scrute le sommet d’un point de vue et nous livre ses impressions sous la forme d’un carnet de bord quotidien

Il y a des mots qui reviennent très souvent dans les conversations à Davos: engagement des entreprises, partenariats public-privé, partenariats multi-acteurs.

En effet, les équilibres économiques mondiaux ayant changé et le monde actuel étant plus interconnecté que jamais auparavant, le rôle incontournable du secteur privé pour le développement durable ne fait plus de doute.

Le Programme de développement à l’horizon 2030, visant à mettre fin à l’extrême pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice et protéger notre planète, est clair: pour réaliser les Objectifs de développement durable, il nous faut une multitude de partenaires dont les responsables gouvernementaux, la société civile et le secteur privé.

En 2000, l’ONU a lancé «le Pacte mondial», visant à inciter les entreprises du monde entier à adopter une attitude socialement responsable, en s’engageant à intégrer et promouvoir plusieurs principes relatifs aux droits de l’homme, aux normes internationales du travail et à la lutte contre la corruption.

Ce Pacte compte aujourd’hui plus de 8000 entreprises dans 160 pays. Récemment, dans le cadre de la COP21 à Paris, de nombreuses entreprises se sont également engagées pour le climat, à établir des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions ou à financer la transition énergétique. De nombreux CEO ont pris conscience qu’ils avaient un rôle clé à jouer pour préserver le climat et la planète. Mais également, que réduire les émissions de CO2 nécessite plus d’innovations… et donc plus de business!

Mais engager le secteur privé n’est pas suffisant.

Il faut que cela se fasse dans le respect d’une responsabilité sociale et via des pratiques responsables. De ce fait, il nous faut pouvoir mesurer la responsabilité sociale des entreprises.

C’est pour cela que je suis ravi de l’annonce, aujourd’hui à Davos, de la création d’un indice global de durabilité, the Global Sustainability Index (GSI). Le GSI va permettre de répondre aux questions suivantes:

  • Est-ce que telle organisation est engagée dans des pratiques soutenables respectueuses de l’environnement?
  • Est-ce que cette même organisation soutient la justice sociale et crée une valeur qui bénéficie à la communauté?

L’objectif sur le long terme est d’établir une nouvelle norme de responsabilité sociale.

Le WEF a été l’une des premières organisations à faire la promotion de la coopération entre les secteurs public et privé, et ce n’est pas anodin si cet indice de durabilité est lancé dans le cadre de cette 46e édition du Forum de Davos, avec 1500 chefs d’entreprise présents.

Lorsque les entreprises mènent leurs activités de manière économiquement, socialement et écologiquement responsable, tout en gérant prudemment les risques sociaux et environnementaux, cela les aide à réussir. Le bénéfice est pour tous: pour les économies et collectivités locales, mais également pour l’entreprise elle-même.

Disons-le, le business durable c’est du bon business!

Je suis convaincu de la nécessité de mesurer le niveau et l’impact de l’engagement social des entreprises privées, et de nous donner les moyens de mettre en œuvre un vrai partenariat mondial pour la réalisation d’un développement réellement durable.

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Le Temps

InnovationLe phénomène de « mode managériale » a des conséquences très négatives sur la performance économique des entreprises mais aussi sur leur performance sociale, car il démotive les équipes, crée des incompréhensions et génère du stress.

 

Nicolas Arnaud et Thibaut Bardon, professeurs à Audencia Nantes École de Management, invitent les managers à mettre la question du sens au cœur de leurs réflexions lorsqu’ils ont recours à des innovations managériales.

 

Innover à tout prix est devenu le nouveau mantra du monde des affaires. Libération d’entreprise, holacratie, lean management, teal organizations, équipes autogérées, communautés de pratiques…

Ces innovations managériales sont souvent considérées comme des panacées permettant de rendre les entreprises plus agiles, plus productives et plus créatives. Cependant, on assiste depuis 25 ans à un renouvellement incessant d’innovations managériales dans beaucoup d’entreprises.

De fait, si les innovations managériales peuvent susciter l’engouement à un moment donné, elles sont souvent abandonnées au profit d’une autre, censée être plus innovante ! Ce phénomène de « mode managériale » a évidemment des conséquences très négatives sur la performance économique des entreprises mais aussi sur leur performance sociale, car il démotive les équipes, crée des incompréhensions et génère du stress.

Les innovations managériales peuvent apporter de vrais bénéfices aux entreprises si elles sont porteuses de sens pour les individus qui y sont confrontées au quotidien ; pour ce faire, les managers doivent davantage prendre en considération les enjeux humains qui sont associés à leur mise en place.

Les « 6 commandements » suivant invitent les managers à mettre la question du sens au cœur de leurs réflexions lorsqu’ils ont recours à des innovations managériales.

  1. Attention aux solutions universelles : De nombreux gourous et consultants ont tendance à proposer des ‘solutions sur étagère’ comme des recettes assurées vers le succès. Ces produits de prêt-à-penser sont alors présentés comme ayant été éprouvés dans de nombreuses organisations, aux noms souvent prestigieux pour servir de références. Cependant, il n’existe pas de solutions universelles car les organisations ont toutes une histoire, une culture et un fonctionnement spécifique.
  2. Attention au décalage entre discours et pratique : On observe trop souvent des décalages entre les grands discours des dirigeants lors de la mise en place des innovations managériales et leurs pratiques au quotidien : des appels à la responsabilité sociale portés par des dirigeants aux pratiques managériales peu responsables ; des dirigeants conservateurs exhortant leurs équipes à innover ; ou encore des managers directifs vantant les bénéfices de la collaboration.
  3. Attention aux injonctions paradoxales : Les innovations managériales ne peuvent pas fonctionner ‘hors sol’ ; cela signifie que les managers ne doivent pas négliger la culture et les modes de fonctionnements existants dans l’entreprise, et encore moins chercher à faire ‘tabula rasa’ du passé.
  4. Attention au ‘Tous entrepreneurs’ !:Prise d’initiative, empowerment, enrichissement des tâches, auto-management… les innovations managériales actuelles ont tendance à suggérer qu’il faut considérer chaque employé comme un entrepreneur pour améliorer la performance de l’entreprise.
  5. Attention au tout technologique :Aujourd’hui, de (trop) nombreux dirigeants considèrent la mise en place d’outils digitaux comme nécessaire à l’innovation managériale. Questionner le ‘tout technologique’ n’équivaut pas à mésestimer le potentiel associé au digital ; de fait, ces outils peuvent permettre de mieux gérer la complexité auxquelles les entreprises sont confrontées, de faciliter la génération de solutions innovantes, et de favoriser la collaboration entre les équipes et avec les parties prenantes.
  6. Attention au manque d’accompagnement de proximité :Enfin, l’introduction d’innovations managériales s’avèrent toujours délicates, tant pour les concepteurs que pour les individus impactés. La capacité des managers de proximité à accompagner leurs équipes lors de ces changements constitue un facteur clé du succès des innovations managériales.

Loin d’être des incantations à vocation universelle, ces 6 commandements sont autant d’invitations à penser autrement les innovations managériales !

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Les Echos

Source de l'article en anglais ICI