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Archive for the ‘Ressources humaines’ Category

Jacque lecomteUne entreprise peut-elle avoir d’autres priorités que faire du profit ? Oui, répond sans hésitation le psychologue Jacques Lecomte.

Dans son dernier ouvrage, Les entreprises humanistes, paru en février 2016, il s’appuie sur de nombreux exemples concrets et études scientifiques pour démontrer que l’humanisme en entreprise est une réalité avec laquelle il faut compter.

Mais au fait, qu’est-ce qu’une entreprise humaniste ?

La réponse de Jacques Lecomte a le mérite de la clarté : c’est une entreprise qui a la réputation de prendre soin de ses salariés, de respecter ses clients et ses fournisseurs, de se soucier de l’environnement et d’avoir un impact positif sur la société.

Ses engagements au service du bien commun la rendent attirante : très sollicitée par les jeunes diplômés, elle peut se permettre de choisir les meilleurs candidats.

Jacques Lecomte esquisse aussi le portrait du patron humaniste, dont les qualités essentielles sont l’humilité et l’écoute : il a pour rôle d’impulser une dynamique à l’ensemble de ses équipes, en donnant l’exemple et en pesant de tout son poids sur l’attitude des managers.

« Dans les différentes entreprises où j’ai enquêté, complète Jacques Lecomte, j’ai souvent constaté que le patron qui s’engageait dans une ou plusieurs de ces directions avait une forte conscience sociale et environnementale, il n’était pas monofocalisé. »

Une autre caractéristique distingue le patron humaniste : sa capacité à s’interroger sur le « pourquoi ». « Il sait remettre en question la finalité de sa société, explique l’auteur.

De plus en plus, les dirigeants parlent de triple performance : le profit, les personnes et la planète. Cette évolution est satisfaisante, mais elle connaît une limite lorsque la responsabilité sociale et environnementale n’est qu’un outil au service du profit. »

C’est l’inverse qui doit prévaloir, insiste l’auteur : le profit doit servir la responsabilité sociale et environnementale.

La sincérité, mesure de la qualité

Dans une entreprise humaniste, la qualité du management se mesure par sa sincérité. La bienveillance, la coopération et l’empathie, ces valeurs qu’on a trop rapidement tendance à taxer de naïves mais qui sont essentielles à un bon manager, procèdent d’un état d’esprit, pour lequel il n’existe pas vraiment de mode d’emploi.

S’appuyant sur une centaine d’études scientifiques et d’études de cas, Jacques Lecomte démontre que les salariés qui savent faire preuve d’empathie donnent le meilleur d’eux-mêmes, et n’ont aucune hésitation à partager leurs infos et à transmettre leurs connaissances.

Par ailleurs, il ne saurait y avoir de management humaniste sans confiance, terreau indispensable à la responsabilité, à l’implication, à la motivation et au sens de l’innovation.

Dans les vraies entreprises humanistes, la communication n’est pas seulement top down, mais elle est également horizontale et bottom-up. Les collaborateurs échangent librement, avec la garantie d’être écoutés.

Mais est-ce compatible avec la rentabilité ?

« L’entreprise humaniste ne devient pas rentable du jour au lendemain, prévient Jacques Lecomte. Le temps va jouer un grand rôle, de même que les critères éthiques qui affecteront sa réputation. »

De toute façon, les générations Y et Z, par leur quête de sens et de partage, obligeront l’entreprise à se transformer en un modèle qui soit à la fois rentable et humaniste. Et de citer le succès de l’entrepreneuriat social à l’appui de cette idée.

Une vision optimiste de l’être humain

Pour nourrir sa réflexion, Jacques Lecomte explique s’être inspiré de trois sources complémentaires : la psychologie positive, le convivialisme et une vision optimiste de l’être humain.

Mais il réfute le pervertissement de la psychologie positive que résume la formule « Rendez vos salariés heureux, ils seront plus productifs » : « Ce discours sous-entend que le salarié est un outil au service de la rentabilité, alors que c’est son bien-être qui doit être une finalité. Quand les objectifs productivistes se dissimulent derrière un management humaniste, cela ne peut produire que démotivation et rancœur ! »

Il ne fait aucun doute que les entreprises humanistes ont une forte capacité à changer le monde, conclut Jacques Lecomte. Dans un bel élan d’optimisme, il donne l’exemple de multinationales engagées dans la réduction de la pauvreté et de la malnutrition, dans la protection de l’environnement ou dans la lutte contre les pandémies qui frappent les pays du Sud.

« Rien ne peut être fait sans espoir », rappelle-t-il, en hommage à Helen Keller, jeune Américaine aveugle et sourde, sortie de son isolement par la force de sa volonté.

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TravailUn éclairage institutionnaliste à partir d’une analyse de la littérature sur les codes de conduite.

Les travaux autour de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) se sont considérablement développés au niveau international depuis une dizaine d’années. Les crises répétées de nos modèles sociaux ont amené les chercheurs à s’interroger sur les modes alternatifs de régulation du capitalisme et, ce faisant, à faire de la RSE une voie de recherche féconde et salutaire – y compris dans l’opinion publique.

C’est particulièrement le cas en management et depuis peu en économie des ressources humaines où la question du rôle de la RSE dans les pratiques d’encadrement de la relation d’emploi est de plus en plus débattue. Pour autant, peu de place est accordée à l’analyse critique des dispositifs de RSE intra-firme, lesquels se fondent pourtant souvent sur des pratiques ambivalentes qui laissent apparaître des formes de manipulation des salariés au travail.

Virgile Chassagnon et Benjamin Dubrion nous livrent leur thèse dans cet article à partir d’une analyse de la littérature sur le concept de manipulation appliquée aux cas des codes de conduite des entreprises.

Selon eux, par certains des dispositifs mobilisés, la gestion des ressources humaines dite aujourd’hui « responsable » participe d’une tentative de manipulation des salariés par les entreprises qui est loin de garantir que les travailleurs auraient toujours à gagner du développement de la RSE.

Soulignons qu’il ne s’agit pas ici d’avancer que la RSE serait par nature et donc dans toutes les organisations un outil de manipulation des travailleurs.

Virgile Chassagnon et Benjamin Dubrion cherchent plutôt à montrer que certains des dispositifs qui l’instrumentent peuvent être utilisés par les firmes à leur profit à des fins de manipulation des salariés, l’idée étant que via la RSE, les salariés adoptent des comportements servant d’abord, au-delà des apparences et des discours, les intérêts des firmes.

Ils s’intéressent tout particulièrement dans ce texte aux instruments phares adoptés par la quasi-totalité des entreprises se présentant aujourd’hui comme socialement responsables, les codes de conduite.

Précisons que le travail mené ici, qui doit être vu comme un essai, s’appuie sur une analyse de la littérature portant sur des études menées depuis une trentaine d’années sur les codes de conduite, leur diversité et leur évolution.

 

L’intégralité de l’article

Revue Régulation

 

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