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Archive for the ‘Environnement’ Category

Image chine vs occidentMinh-Thu Dinh Audouin, journaliste scientifique et Olivier Dubigeon, fondateur de Sustainway un cabinet spécialisé en développement responsable, nous invite à un voyage à travers différents mode de pensée.

Leur ouvrage, « Regards croisés entre Occident et Asie sur le développement responsable – La chimie à l’épreuve de la sagesse », propose une réflexion inédite autour de la chimie dans un monde en rupture sociétale et écologique. Interview croisée de ces deux auteurs dont la démarche originale interpelle.

Votre approche philosophique voire spirituelle développée dans cet ouvrage est atypique. Pourquoi avoir développé votre réflexion sur le développement responsable sous ce prisme ci ?

O. D. : Nous sommes entrés en transition : entre globalisation (générant un croisement ou « choc » des cultures) et incertitudes (résultantes de la montée d’une double rupture sociétale et environnementale), l’économie de marché, la science (en particulier la chimie), la technologie, l’exercice même de la démocratie sont réinterrogés. Nous avons besoin de réintégrer le sens dans ce que nous faisons, vers la cible d’un développement harmonieux et à long terme. Ce qui conduit à réinterroger le sens de « valeur ». Au Moyen Âge « valeur » signifiait « force de vie » : cela ne saurait se confondre avec le PIB ou le chiffre d’affaire…

M.-T. D.-A. : Habituellement, on aborde le « développement durable » en mettant en avant des produits, des technologies (piles à combustibles, panneaux photovoltaïques…), ou encore des connaissances physico-chimiques (analyses de cycles de vie de la matière, etc.), des réglementations, des labels… Nous ajoutons qu’un « développement » ne sera « responsable » que s’il s’inscrit dans un développement des capacités humaines, à savoir : prendre ensemble notre avenir en main plutôt que subir les pressions (sociétales, écologiques, réglementaires, court terme…) et entrer en compétition individuelle à tout prix ; ouvrir  notre conscience au monde et à l’altérité et entrer dans la logique de la réciprocité sur cet espace commun qu’est la planète.

Vous faites appel à l’apport de la culture asiatique. Que nous apprend-elle sur le développement responsable ? De notre relation au monde ?

M.-T. D.-A. : L’une des sagesses, enseignée par Confucius, est de sans cesse étudier et apprendre à se connaître – ce « travail sur soi » est aussi l’objectif du Bouddhisme et du Taoïsme -, en ayant à tout moment conscience de ses limites du moment, et donc en renonçant à l’illusion que l’on puisse tout faire, tout savoir, tout contrôler. C’est cette sagesse d’humilité qui ouvre notre regard vers les autres et sur le monde, dont nous sommes interdépendants, et qui nous entraîne à l’écoute et au partage dans la confiance. Selon les sagesses asiatiques, l’humain a toutes les solutions en lui pourvu qu’il s’écoute et ne se laisse pas gouverner par des besoins illusoires. Le monde se construit ainsi à l’image de l’humain qui apprend à ouvrir sa conscience par l’expérience.

O. D. : La conscience de ses propres limites pose la question : l’entreprise entretient-elle le vivant ou le dégrade-t-elle ? Y répondre passe par l’établissement d’une « éthique du soin » :

•   rétablir la circulation des flux de matière, d’énergie, les flux financiers, humains, de motivations, d’idées, etc… Et aussi les flux entre les parties prenantes : consommateurs, collectivités territoriales, citoyens,… (l’harmonie des flux est au cœur de la sagesse taoïste) ;
•    passer de la logique de domination (dans la compétition) à la coopération (ouverture à l’altérité).

Le défi consiste à réintégrer le principe de réciprocité entre l’Homme et la Nature en vue de restaurer un fonctionnement équilibré de la Société.

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RSE Magazine

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Energie nucléaireLes pays de l’OCDE partagent les mêmes objectifs de développement durable, mais leurs points de vue divergent quant au rôle de l’énergie nucléaire dans la réalisation de ces objectifs.
En effet, peu de sources d’énergie ont suscité autant de débat au fil des ans. La question est simple : le nucléaire est-il véritablement une énergie durable ?

C’est ce que nous propose d’examiner Luis E. Echávarri Directeur général de l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN) au travers de son article dont je vous livre quelques passages.

Il y a de bonnes raisons de le penser, mais il ne faudrait pas en conclure que toutes les difficultés ont été résolues. Si c’était le cas, la valeur de l’énergie nucléaire ne serait plus un objet de débat. Pourtant, quelques pays de l’OCDE qui s’étaient montrés sceptiques s’intéressent désormais de près au nucléaire. Ils sont bien inspirés de le faire.

Comme toutes les autres sources et technologies énergétiques, le nucléaire présente des avantages et des inconvénients dans chacun des trois aspects du développement durable : environnemental, social et économique.

L’augmentation du prix des combustibles fossiles renforce la compétitivité du nucléaire.

L’un des avantages dont bénéficient les exploitants de centrales nucléaires est la sécurité de l’approvisionnement.

  • L’uranium, la matière naturelle qui alimente les centrales nucléaires en combustible, est abondant et bien réparti sur l’ensemble de la planète
  • La production annuelle d’uranium ne corresponde qu’à environ 60 % de la consommation des réacteurs
  • La distribution géopolitique des producteurs d’uranium, parmi lesquels on compte l’Australie et le Canada, réduit considérablement le risque de perturbations du marché semblables à celles qui ont accompagné les crises pétrolières

Il y a également des arguments économiques. Les centrales nucléaires existantes ont démontré qu’elles étaient compétitives. Le faible niveau et la stabilité des coûts de production marginaux sont un avantage crucial, en particulier dans des marchés libéralisés.

Il y a également des arguments économiques.

Le faible niveau et la stabilité des coûts de production marginaux sont un avantage crucial, en particulier dans des marchés libéralisés.

Les principaux facteurs qui contribuent à la compétitivité des centrales nucléaires nouvellement conçues, et qui peuvent être commandées aujourd’hui, sont leur rapport coût-efficacité, et leurs performances techniques supérieures : durée de vie plus longue, disponibilité en énergie plus élevée et meilleure utilisation du combustible.

Évidemment, l’augmentation du prix des combustibles fossiles renforce la compétitivité du nucléaire. De plus, la tarification des émissions de carbone, par le biais de permis négociables et de la fiscalité par exemple, accroîtra la marge concurrentielle des sources d’énergie qui n’émettent pas ou très peu de carbone.

Parallèlement aux améliorations techniques, il faut accorder une grande priorité aux préoccupations du public concernant les risques nucléaires. La sûreté revêt une importance primordiale à cet égard. ainsi que l’importante question de la gestion et du stockage des déchets. Bien que la gestion des déchets radioactifs, y compris leur stockage final, ne soulève aucun problème technique ou économique majeur, créer des dépôts pouvant contenir tous les types de déchets sur une durée considérable s’est révélé être une tâche difficile.

Cependant, les spécialistes estiment que le stockage sûr des déchets radioactifs est faisable, en respectant pleinement des réglementations sanitaires et environnementales protégeant les générations présentes et futures.

Le nucléaire a fait ses preuves.

L’énergie nucléaire fournit aujourd’hui près d’un quart de l’électricité consommée dans les pays de l’OCDE, et est une réalité quotidienne dans plusieurs pays. Il s’agit donc d’une technologie éprouvée, parvenue à maturité et bénéficiant d’une vaste expérience industrielle – plus de 12 000 réacteurs/ans de fonctionnement – accumulée principalement dans l’OCDE.

En bref, tous les indicateurs de l’énergie nucléaire relatifs à la sûreté, la fiabilité, la compétitivité et l’utilisation efficace des ressources naturelles, ainsi qu’à la protection de la santé et de l’environnement, font apparaître une tendance ininterrompue à l’amélioration.

Le développement du nucléaire peut devenir un élément clé des bouquets énergétiques durables, à condition que les pouvoirs publics, l’industrie et la société civile unissent leurs efforts pour définir un cadre décisionnel solide, permettant d’évaluer et de développer toutes les solutions possibles en fonction de leurs coûts et de leurs avantages pour la collectivité.

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Observateur OCDE

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